Erickson : Médecin et guérisseur?

 

Quelques extraits du livre de Bradford Keeney et Betty Alice Eickson
"Le Dr Milton H. Erickson, Médecin et Guérisseur Américain"
publié et disponible chez Satas

Je crois que l’essence du travail d’Erickson réside dans sa présence « unique » dans l’instant thérapeutique. Souvent en transe, Erickson était capable d’établir une connexion interpersonnelle qui avait pour effet de faciliter l’accès personnel et le déclenchement de ressources internes, la reconstruction cognitive et contextuelle, l’espoir et la croissance. Sa présence ressemblait davantage à celle d’un chaman sage, complètement à l’écoute de la situation de guérison, qu’à celle d’un docteur en médecine scientifique, formé à être déconnecté de la possibilité d’entrer dans un moment relationnel significatif.   Bradford Keeney p.20


Il est peu probable que Milton Erickson occupera dans l’histoire une place aux côtés de Freud, Jung, Skinner, Perls et Rogers, des théoriciens qui ont publié de nombreuses hypothèses, généralisations et grandes théories. Erickson ressemblait plus aux vieux chamans qui, au lieu de demander pourquoi, disaient : « Montrez-moi. » Lorsqu’on le lui demandait, il répondait souvent, sans paroles : « Laissez-moi vous le montrer, de manière indirecte, et il se peut que vous vous surpreniez vous-même de votre propre apprentissage. »  Bradford Keeney p.21


Voilà une manière d’être particulière, une manière d’être chargée d’une profonde valeur pour les autres et qui est, au sens le plus large du terme, spirituelle. Dans cette spiritualité, papa voyait ce dont les autres avaient intérieurement besoin et, à travers sa propre connexion à cette partie profonde d’eux-mêmes, il était capable de les aider à y accéder et à la mettre au monde. Aider de l’intérieur – voilà ce qu’est la guérison. Un traitement aide de l’extérieur. Papa guérissait. Cette spiritualité faisait partie des raisons pour lesquelles il voyait et croyait en le meilleur chez la plupart des êtres humains. La nature humaine et notre monde naturel lui inspirait le plus grand respect, respect qu’il enseigna à de nombreuses personnes – dont moi, assurément. Il était attentif aux cycles de la nature – lorsqu’il était temps de planter, de faire pousser et de récolter. Il reconnaissait le cycle des humains – lorsqu’il est temps de grandir, de se séparer, lorsqu’il est temps de donner aux autres et de se retirer. Il contemplait la complexité de ce que le monde est vraiment et les façons dont tout se complète. C’était plutôt un empiriste, une sorte de naturaliste, un scientifique de terrain voué à des observations claires et précises de la nature et des gens. Ce n’était certainement pas un mystique rêveur, producteur de métaphores dithyrambiques sur des mondes imaginaires issus de quelque autre sphère. Il était pleinement présent dans ce monde, le monde des étoiles, des montagnes, des plantes, des animaux, de la pluie et du soleil, il y était totalement engagé, sans compromis, de tous ses sens. Il voulait voir la vie de façon directe, pleinement en contact avec le monde.      Betty Alice Erickson p.27